À propos de l’École

Texte de présentation de l’École de psychanalyse Sigmund Freud

 

Comme analysant, comme analyste, nous faisons l’expérience de l’inconscient et de l’impossible auquel l’humain parlant et sexué a affaire.L’école, que Lacan a introduite dans le champ de la psychanalyse, permet que cette expérience s’élabore dans une communauté de travail. Pour cette élaboration, l’École freudienne de Paris offrait, à côté de l’enseignement et des publications, des lieux nouveaux : le cartel et une procédure pour entendre comment s’est opéré dans la cure le passage de l’analysant à l’analyste. Cette procédure répond du principe énoncé par Lacan : « l’analyste ne s’autorise que de lui-même et de quelques autres ».

L’École de psychanalyse Sigmund Freud a repris ces lieux et s’en est adjoint d’autres, pour favoriser une communauté de travail : laboratoires de pratique psychanalytique, espaces, lectures et écritures collectives.

Dès le départ, en 1994, l’EpSF a aussi été une tentative de trouver une réponse à la question de la garantie après la dissolution de l’École freudienne de Paris et la mort de Lacan. Aujourd’hui, nous pouvons dire que se posait la question : comment s’autoriser à faire école sans figure de maitre ?La difficulté à s’autoriser trouva une issue dans l’autorité attribuée aux AE-analystes de l’École, passants dont le témoignage dans la procédure de passe avait donné lieu à nomination. Ils représentaient la fonction de garantie pour cette procédure mais son extension à la fonction politique de présidence a conduit à des impasses institutionnelles et à une décennie de crise.

Une refonte de l’École a lieu, une nouvelle articulation des dimensions la constitue. Nous avons fait pendant ces trente années l’expérience que le principe selon lequel l’analyste ne s’autorise que de lui-même et de quelques autres porte à conséquence dans la vie du collectif. La refonte choisit d’en tenir compte, un de ses effets est une accentuation de la fonction de cartel où chacun porte son nom. Ainsi, la communauté de travail est maintenant soutenue dans ses initiatives par un cartel d’École et un bureau ; l’élaboration collective des questions d’école en réunion interne régulière donne corps à la vie de l’École. La responsabilité de chacun est aussi à l’œuvre dans les lieux où le travail s’est maintenu pendant la crise : cartels, espaces, lectures collectives, laboratoires de pratique psychanalytique, atelier de topologie, séminaires, colloques, publications (Carnets, collection Scripta, site).

Ce sont autant de modalités pour s’exposer, à plusieurs, à la difficulté de transmettre ce que la psychanalyse nous enseigne dans son expérience et dans ses textes. Une école de psychanalyse est aux prises avec les trois impossibles dégagés par Freud : éduquer, gouverner et psychanalyser, en tant que ses membres ont affaire aux questions de la formation, de s’administrer et des effets des cures dans l’école. Un enjeu majeur dans le dispositif de la cure, moteur et obstacle pour toucher à l’impossible de l’humain parlant et sexué, à savoir le transfert, contribue à l’impossible du groupe. Le cartel et la procédure de passe que Lacan a inventés prennent appui sur ces réels que sont le temps et le nombre, pour tenter de serrer au plus près ces trois impossibles, d’en savoir un bout et de penser le collectif. Freud a inventé la cure comme dispositif, affirme Lacan, en tant que son réel touche au réel. L’École propose d’autres dispositifs : les cartels, les laboratoires de pratique psychanalytique, le cardo et la procédure de passe.

L’EpSF offre donc à qui le souhaite un lieu pour tenter de dire et de lire le moment qui a produit de l’analyste, praticien ou pas, dans sa cure. Ce lieu reprend la structure passant-passeur-cartel de la procédure de passe proposée par Lacan en 1967. L’ajustement des liens entre cette procédure, son fonctionnement et l’École est confié à un dispositif de passe renouvelé. Ayant renoncé à la garantie confiée aux AE par le dispositif précédent, nous avons pris appui sur un élément qui depuis le début échappe à la garantie instituée : chaque analyste praticien peut désigner un passeur sans autre garantie que la logique de cet acte. Nous avons repris ce principe pour former l’ensemble du collectif qui fait fonctionner la procédure.

La refonte actuelle est à la fois effet et condition du décentrement de la passe dans l’École. Son montage initial mettait la passe au centre de l’École, instituant les AE comme garants analytiques du politique institutionnel et l’instance de la passe comme lieu d’un savoir supposé. C’était prendre le risque de négliger la dimension de la recherche attendue d’une école et de l’expérience de la passe. Cette expérience offre à qui le souhaite la possibilité de lire les coordonnées de cet énigmatique « lui-même » dont il a pu s’autoriser ; c’est ainsi une façon de répondre de cet acte qui a échappé au sujet et au savoir supposé dans la cure, réalisant le caractère profane de l’analyse.

Avec la dimension du collectif, l’EpSF tente de soutenir le mouvement de recherche ouvert par l’expérience de la passe et de l’analyse comme fondamentalement profane. On peut en attendre un gain de savoir pour l’École et la communauté psychanalytique dans sa responsabilité vis-à-vis du discours de la science, une contribution dans le travail de culture à l’endroit de la pulsion de mort.

Paris, le 28/06/2026

 

Laboratoires de pratique psychanalytique

Espaces

Dispositif de passe

Le cartel d’École

Le bureau

 

Ancien texte de présentation

 

 

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