L’écriture du texte inconscient

Christian Centner, secrétaire à l’enseignement et aux recherches, nous informe que le thème de l’enseignement d’accueil de cette année est « l’écriture du texte inconscient ». Cette formule peut paraître inhabituelle voire inappropriée. En effet, peut-on parler d’un texte inconscient ?
La question de l’écriture semble pourtant indissociable de l’approche des processus et mécanismes auxquels Freud rapportait les formations de l’inconscient. Si un rêve doit être lu comme un rébus ne peut-on penser que le travail du rêve doit fonctionner comme un travail d’écriture ? Et aussi bien, la mise en évidence par Lacan de « l’instance de la lettre dans l’inconscient », ainsi que les références prises dans des termes tels que le « savoir textuel » ou le « texte des grandes névroses » donnent à penser qu’il doit y avoir une véritable homologie entre les processus inconscients et les processus en jeu dans l’activité qui nous est bien connue sous le nom d’écriture. L’idée d’une telle homologie sera encore renforcée en 1976 lorsque Lacan affirmera avoir inventé « ce qui s’écrit comme le réel » sous la forme du nœud borroméen. C’est cette homologie entre l’écriture au sens habituel du terme et les processus d’inscription que suppose la remémoration qui sera prise pour thème de l’enseignement d’accueil de cette année.
Plusieurs approches sont possibles. L’écriture a fait l’objet d’un très grand nombre de travaux dans différentes disciplines et il n’y a pas lieu d’en tenter une nouvelle définition. Cependant l’expérience de la psychanalyse peut aider à concevoir et à mieux cerner l’homologie que je viens d’évoquer. En rendre compte pratiquement serait une première approche.
Deux autres approches semblent également possibles. D’un côté, il s’agirait de montrer et d’expliquer la part prise par l’écriture dans les mécanismes décrits par Freud et dans les objets topologiques élaborés par Lacan. D’un autre côté, il s’agirait de déceler la trace d’une expérience de ces mêmes processus inconscients dans la pratique de l’écriture dont témoignent certaines œuvres littéraires.
Trois moments de travail seront consacrés à ces questions cette année.
Le premier aura lieu le samedi 12 mars de 14 h 30 à 16 h 30, il sera centré autour des deux premières approches et comportera une intervention de Solal Rabinovitch et une autre de Charles Nawawi.
Un second moment de travail aura lieu le samedi 2 avril de 17 h à 19 h, il sera centré autour de la question du rapport entre l’expérience de l’écriture littéraire, en particulier chez Virginia Woolf, et l’écriture des processus inconscients. Chantal Delourme et Jean-Guy Godin ont accepté d’intervenir à cette occasion.
Le troisième aura lieu le samedi 18 juin de 14 h 30 à 16 h 30 (amphithéâtre de l’Institut protestant de théologie – 83, boulevard Arago – 75014 Paris). Intervenants : Gérand Bailhache et Hubert de Novion.

Dates

  • samedi 12 mars 2022 à 14:30
  • samedi 02 avril 2022 à 17:00
  • samedi 18 juin 2022 à 14:30

Responsable

Christian Centner

Lieu

Institut protestant de théologie
83, boulevard Arago
Salle 1
Paris 75014