Espace en préparation

« Malaise dans la culture, malaise dans la clinique du singulier aujourd’hui ? Quel malaise traversent la société et le sujet aujourd’hui ? À quels enjeux et à quels périls sont-ils confrontés ? »

Nous constatons ces dernières années l’emprise dominatrice d’une bureaucratisation des pratiques et des modes de pensées. Partout dans le monde du travail jusque dans les secteurs de la santé et de l’éducation, dans l’enseignement et la formation, cette culture administrative s’impose. Avec elle la technique est valorisée, privilégiée, au détriment de la présence humaine afin de corriger « l’erreur humaine », rendre plus performant l’être humain. L’exercice vertical du pouvoir devient la règle (celui du un ou du quelques uns) en même temps que l’horizontalité du tous pareils, tous savants, s’étend au niveau de l’information (réseaux sociaux…). Le discours préfabriqué, forclos et auto justifié, s’énonce abondamment pour mutiler la parole. La standardisation et l’évaluation stérile des pratiques privent l’individu de ses capacités d’initiatives de créativités, de choix, en même temps qu’il fait peser tout le poids de la faute sur le sujet. Les pensées (théories…) tendent à s’homogénéiser, le débat est conçu comme une situation conflictuelle à réduire au profit d’une pensée unique et univoque. La généralisation est favorisée au détriment du singulier ainsi que la coïncidence, l’identité, les tendances narcissiques (moi-idéal, séduction narcissique, identification narcissique…), l’infantilisation, à la place du travail collectif où chacun s’engage en sujet pour une idée, une cause (et non pour un groupe, une organisation…) se repère partout…

Tout ceci sécrète une violence souvent discrète qui s’exerce sur les sujets. Nombre d’entre eux subissent ces influences et vivent une vraie souffrance qu’elle soit repérée, refoulée ou déniée ? Certains adhèrent (conformisme adaptatif) comme anesthésiés d’autres sont fascinés. Quelques uns essayent de résister…

Du côté de la clinique du singulier de nombreux signes inquiétants, de symptômes et de troubles psychiques, ne cessent de prendre de l’ampleur. Ils vont de l’incestuel et de la jouissance débridée, de la perte du sens de la castration jusqu’aux revendications narcissiques incessantes qui s’accompagnent parfois d’une recherche impossible de stabilité de l’identité (primaire ?) mais aussi de conduites perverses quand ce n’est pas la dépression et les addictions qui dominent, en passant par les phobies et l’auto agression… Souvent nous constatons l’attente de réponses immédiates voire magiques au détriment du sens de plus en plus rejeté, une parole factuelle et événementielle…

Au-delà du travail d’analyse et de compréhension des processus et des enjeux sous-jacents à ces phénomènes, il s’agit d’identifier les risques et les dangers qui se présentent aussi bien pour le sujet que pour la société afin d’être en mesure de discerner quelles possibilités peuvent s’ouvrir pour le sujet et la société ?

Pour cela de nombreuses études sont à notre disposition. Du côté de la psychanalyse mais également du côté d’autres disciplines. Bien évidemment la clinique et l’expérience des participants sera dans ce groupe un instrument précieux au même titre que les textes.

Les participants du groupe proposeront d’inviter certains auteurs dans le cadre de conférences afin d’adresser leurs questions et leur travail à un public plus large.

La première rencontre aura pour objet de travail dans « la folie évaluation » l’article de Roland Gori qui s’intitule « une nouvelle manière de donner des ordres » (plus la conclusion du même auteur « pour conclure »). Les modalités des rencontres suivantes seront définies par les participants lors de cette première réunion.

Dates

  • mardi 23 novembre 2021 à 21:00

Responsable

Pascal Saccardi
06 76 03 64 18

Lieu

1, rue de la Marne
Eysines 33320
France