Hommage à Alain Didier-Weill

Nous avons appris la triste nouvelle du décès, le 17 novembre dernier, d’Alain Didier-Weill, psychanalyste, poète, homme de théâtre, auteur d’une œuvre importante. Nous donnons le témoignage que Martine Da Costa a écrit à cette occasion :

A dire d’Alain Didier-Weill, après qu’il nous quitte

Il reste… que des poètes de la psychanalyse, s’il en fut, il fut de ceux-là. Un grand !

Qui mieux que lui, du discours analytique, nous permit de désirer d’un ailleurs du savoir établi, d’un style singulier, d’un art de dire…

Son style d’énonciation, traversé de sa voix si lente, si douce, si peu perceptible que nous avions à tendre l’oreille, aux limbes d’un dire si juste encore naissant, nous plongeant au lieu d’avant le langage là même où il surgit… où le surmoi n’a pas encore fait ses ravages.

Toujours quittant son séminaire nous quittions une soirée de poésie. Plutôt que nous endormir il éveillait au désir de lire d’écrire… de penser. Se serait-il mieux approché que la plupart, de ce lieu inaccessible d’où vient la naissance d’un sujet qui dit oui, oui à vivre? Transmettre à chacun tel que ses écrits en témoignent la nécessité de s’y tenir d’abord en rêverie près de ce lieu, et puis faire le pas du vivre, danser, chanter, écrire, ainsi user de la trace perdue comme un tombeau à jamais ouvert pour le dire.

Il y est maintenant retourné… Pleurons sa mort…

La psychanalyse a perdu son poète mais de son absence restera le Nom ALAIN DIDIER-WEILL, celui d’un homme qui sut transmettre ce qu’il en est du lieu du désir de savoir.