Paris

Dans le menu de droite vous trouverez le lien vers les enseignement et recherche à l’initiative de l’École ayant lieu à Paris, ainsi que vers les Espaces et Laboratoires.

Ci-dessous se trouvent les Séminaires ayant lieu à Paris.

Éléments de topologie

 Christian Centner

 

            Ce séminaire se donne pour objectif de présenter les principales élaborations topologiques développées par Lacan au cours de son enseignement.

             Nous sommes partis de l’hypothèse selon laquelle le recours aux objets topologiques s’est imposé à Lacan dès le moment où il s’est donné pour tâche de restituer le plein sens des concepts freudiens en les situant dans « un champ de langage », par rapport à « la fonction de la parole ».

             Nous avons examiné les différents objets (graphes, surfaces) à l’aide desquels Lacan s’est efforcé de rendre compte de la conjonction entre imaginaire et symbolique telle qu’elle se donne à saisir dans l’analyse depuis la découverte de la structure de langage de l’inconscient.

            Nous en sommes venus ensuite au nœud borroméen à partir duquel il s’est efforcé de cerner ce qu’il en est de la fonction du réel dans cette conjonction.

            La question de l’usage que Lacan recommandait de faire de ce nœud nous a conduit à une interrogation portant sur la relation qu’entretiennent ce qui se noue et ce qui s’écrit avec le réel.

            Nous poursuivrons cette année-ci tentant de cerner de plus près ce qu’il en est des notions d’écriture et de lettre telles que Lacan n’a cessé d’élaborer tout au long de son enseignement.

 

            Les vendredi 9 novembre et 14 décembre 2018, et les vendredi 8 février, 15 mars 2019 et 21 juin 2019, de 21 à 23 h, à La Maison Saint-Michel, 3, place Saint-Jean, 75017 Paris.

 Christian Centner : 0032 (0) 473 88 08 85.

Le Groupe d’Études Textuel

Roland Meyer

 

            Il s’agit d’une lecture recherche centrée sur le Séminaire IX de Jacques Lacan :
L’Identification.

            Lecture très lente, mot à mot, ouverte à des digressions, comme à des retours en arrière, elle donne l’occasion à chaque participant de s’entendre dire, en les précisant, les questions qui se posent à lui, voire qui surgissent, et de faire dialoguer les diverses réponses qui s’ouvrent de par le travail de lecture collective. Nécessité plurielle qui est à l’image de l’espace même de la subjectivité qui concerne la psychanalyse dans sa pratique et dans son discours.
            Cet espace est topologique, au sens lacanien du terme. C’est la raison du choix de ce Séminaire – qui voit l’introduction des objets topologiques, non pas comme modèles, mais comme la structure de la Chose freudienne même.

            Se réunit chaque année une fois par mois, à partir de septembre et jusqu’en juin, en général le premier samedi du mois, mais pas toujours, à 13 h 30 à à l’IPT. Une participation financière trimestrielle est demandée.        

            Groupe fermé.

Prendre contact éventuellement avec : Roland Meyer, 01 42 28 76 50.

La question de l’autre dans le dialogue psychotique  

Solal Rabinovitch

 

            Si la vraie raison de parler est ce « vide silencieux » qu’est l’autre pour celui qui parle, le dialogue qui s’élève entre celui qui nous parle et dont nous ne savons rien, et nous qui ne savons rien de ce que nous sommes pour celui qui nous parle, n’est plus géométrie plane, symétrique. N’est-il pas alors une duperie, comme dit Lacan ? Faut-il encore parler d’un « lui » et d’un « nous » ?

            Avec « lui », lui le psychotique, il s’agit de se faire la dupe du dialogue. « Lui » peut être la vraie raison de parler, il peut être l’exigence de produire des écritures, des formulations, des feuilles de température, voire une grille bionienne : autant de tentatives singulières de saisir le récit ou le dessin de son existence de vivant, dont la forgerie assourdit, comme dans l’autisme, l’espace-temps du langage.

            Certes parler avec un autre engage le corps symbolique du langage. Mais tout autre chose peut s’y engager, dès que la défection de l’Autre isole du langage le réel d’où subsister. Le « moi » ou le « je » du dialogue, la fatigue d’un entretien infini ou l’argutie innombrable de la persécution s’y font partenaires du dialogue. D’où sa dissymétrie, dont témoignent l’interruption et la discontinuité.

            S’il n’attend rien de l’autre, le dialogue n’est-il pas alors  la manifestation visible et audible d’un « appareil psychique pour deux » ? De quelle altérité l’autre du psychotique (comme l’autre qu’il est pour nous) relève-t-il ? Est-il notre prochain (au sens que lui donne Lacan dans  l’Éthique) ? Notre Nebenmensch ? Ou un autrui ?

 

            Le jeudi 13 décembre 2018, et les jeudis 10 janvier, 14 février, 14 mars, 11 avril et
9 mai 2019, à l’IPT, 83, boulevard Arago, 75014, salle 22, 2e étage, 21 h. Participation aux frais.

 Solal Rabinovitch : 01 42 23 26 13

La méprise de la Vorstellungsrepräsentanz

 Marjolaine Hatzfeld

 

La pulsion, telle que Freud nous en a légué la notion, est, en sa racine, une excitation somatique qui ne peut devenir réalité psychique qu’à se fixer à une « représentation »
(Vorstellung), non prise en charge par la conscience (refoulement dit « originaire »), au cœur de tout refoulement ultérieur.

« Vorstellung », c’est le terme que Freud avait sous la main pour désigner l’élément psychique de base – notion au centre d’une séculaire tradition philosophique, pour ainsi dire  tombée dans le domaine public. Freud l’utilise donc, tout en  « l’arrachant à cette tradition[1] »: les  processus primaires, dominés par le facteur économique qui définit le  principe de plaisir, « ne connaissent pas les jugements de valeur[2] ». Dans l’inconscient, ces représentations sont décomposables sans limite en éléments littéraux qui font totalement abstraction de tout sens (déplacement « libre » du quantum d’énergie d’investissement psychique d’un élément à l’autre).

La Vorstellung freudienne n’est pas une image (Bild : on ne « (se) représente » pas la pulsion). Elle est point d’accrochage de l’excitation pulsionnelle dans l’élément du psychisme. Freud parle à son propos de Triebrepräsentanz : ce en quoi l’excitation pulsionnelle  se transpose, est déléguée, « représentée »  (au sens diplomatique du terme) au niveau du psychisme, dans ou par une  Vorstellung. Le  « représentant » de la pulsion dans  l’inconscient, c’est une Vorstellung, et c’est sur elle que porte les processus du refoulement.

Cela va tellement de soi pour Freud, qu’il se contente de l’expression  Triebrepräsentant ou Triebreprâsentanz. S’il doit, une seule fois, préciser que ce représentant de la pulsion dans le psychisme est une Vorstellung, c’est parce qu’il s’avise qu’une confusion peut s’insinuer. Il faut distinguer en effet deux modes possible de représentance de la pulsion dans le psychisme : la représentation, Vorstellung, d’une part, et le quantum d’affect d’autre part, énergie pulsionnelle attachée et détachable de la représentation, ayant un destin propre dans le psychisme, distinct de celui du refoulement.

Nous retrouvons là le fameux couple freudien, toujours en instance de divorce, de la représentation et de son affect, aussi fameux en son genre que le couple du signifiant et du signifié dans le découpage théorique du signe linguistique. L’homologie de façade n’autorise aucune superposition substantielle, sinon le trait de division interne à ces deux couples.

Une surprise nous attend, quand  nous voyons Lacan choisir de « rendre » (je ne dirais pas « traduire ») l’expression composée : die psychische (Vorstellungs-)Repräsentanz des Triebes[3], non pas par « la représentance  (ou le représentant) de la pulsion dans le psychisme sur le versant de la  représentation »  (et non pas de l’affect), mais par « le représentant de la représentation ».

« Traduction » qui nous laisse étourdis  : en quoi la Vorstellung aurait-elle à son tour à être représentée (repräsentiert, vertreten), alors que c’est elle, la Vorstellung, qui tient lieu de la pulsion dans le psychisme, c’est elle qui effectue la fonction de représentance de la pulsion.

Dans le contexte freudien, cette  « traduction » ne fait pas sens. Ce qui ne préjuge pas du, ou des sens, que Lacan va donner à ce qui vaut désormais comme  une pièce détachée du corpus freudien, et qui va se mettre à vivre sa vie propre de signifiant lacanien, d’autant plus signifiant, si je puis dire, que Lacan lui conserve volontiers sa littéralité en langue allemande.

Lacan fait basculer la représentation freudienne, si ambiguë entre sens (au niveau des processus secondaires) et non-sens (au niveau des processus primaires), du côté de l’imaginaire de la signification, et  son Vortellungsrepräsentant  du côté du signifiant, comme tel hors sens. D’autre part, il va compléter sa formule  d’un ajout qui éclaire sa perspective : représentant de la représentation- qui -manque[4].

C’est une nouvelle définition de l’inconscient (division du sujet), une nouvelle assiette pour la pulsion (qui se dégage de son fond biologique), et toute une nouvelle problématique du  signifiant qui  à son tour  manque dans l’inconscient (il n’y a pas de V.R de la femme), bref une nouvelle topologie du signifiant et du sujet qui se construit, dont nous suivrons quelques étapes choisies dans notre travail de cette année.

 

Ce séminaire se tiendra à l’AGEFO, 4, rue Tessier, Paris 75015, à 21 h. Les mardis 2 octobre, 6 novembre, 11 décembre 2018, 22 janvier, 12 mars, 9 avril, 14 mai, 25 juin 2019.

Une participation de 5 euros est souhaitée pour la location de la salle.

 

[1] Lacan, VII, p. 75.

[2] Freud, 31e conférence…, NRF, 1984, p. 104.

[3] G.W. X, p. 250. Cette expression est un hapax dans le texte de Freud.

[4] Les traits d’union sont de nous.