Quand :
06/11/2019 @ 21:00 – 23:00
2019-11-06T21:00:00+01:00
2019-11-06T23:00:00+01:00
Où :
Paris - IPT - Salle 22
83 boulevard Arago - 75014 Paris
Contact :
Jeanne Drevet, Matias Pons Sansaloni, Solal Rabinovitch, Dora Yankelevich- Szerman

Lecture collective : « Kant avec Sade » de J. Lacan

La lecture collective de « Kant avec Sade » reprendra à partir de la page 769 de la

première édition des Écrits, Paris, Seuil, 1966.

Rappelons que ce texte, terminé en septembre 1962, fut rédigé par Jacques Lacan pour

paraître en préface du tome III des OEuvres complètes du Marquis de Sade, Éditions du Cercle

du Livre précieux, tome III, qui comprend La Philosophie dans le boudoir. Or, ce tome parut

en 1963, mais sans la préface de Lacan. Le texte fut publié en avril 1963, dans le n°191 de la

revue Critique, en manière de compte rendu de l’édition précitée des OEuvres complètes de

Sade à laquelle il était destiné.

C’est en octobre 1966, lors de la réédition de ces OEuvres complètes par le même

éditeur, que le texte « Kant avec Sade » fut inclus, mais alors en post-face, et remanié par

Lacan. Le texte parut en même temps dans les Écrits en 1966, mais dans sa version initiale,

sans les corrections qu’y avait apportées Lacan pour la poste-face des OEuvres complètes de

Sade, sans doute sur intervention de l’éditeur.

Pour Kant comme pour Sade, il s’agit d’élever la maxime qui commande ce que l’on

fait à l’universel : maxime de l’impératif catégorique kantien selon laquelle on ne doit faire

que ce que l’on reconnaît à tout homme le droit de faire, maxime sadienne de la règle à la

jouissance qui la pose également comme règle universelle. L’universel, que Lacan distingue

du général, « prend les choses comme elles se fondent et non comme elles s’arrangent ». Le

rapprochement que Lacan fait de l’éthique kantienne et de l’éthique sadienne se fonde sur le

rejet de la jouissance par la première et de son évacuation par la seconde (c’est ici volonté de

jouissance) au profit du fantasme qui s’y substitue. Il y a fixation sadienne sur le fantasme.

Le choix de ce texte, dont la difficulté mérite une lecture collective, tient à sa rigueur,

celle d’une articulation inégalée avec le fantasme. N’est-ce pas le lieu où Lacan, qui vient

d’élaborer la structure du fantasme, en éprouve la logique en frottant son écriture à l’aune du

système sadien ?

Nous y trouverons un énoncé qui dit un peu de la difficulté qu’il y a à tenter de parler

du fantasme et beaucoup de la nécessité à tenter de le faire : « C’est qu’un fantasme est en

effet bien dérangeant puisqu’on ne sait où le ranger, de ce qu’il soit là, entier dans sa nature

de fantasme qui n’a réalité que de discours et n’attend rien de vos pouvoirs, mais qui vous

demande, lui, de vous mettre en règle avec vos désirs. »

On peut lire à ce propos :

J. Lacan, Séminaires L’éthique de la psychanalyse (séances des 30 mars et 11 mai 1960),

L’identification (28 février 1962), L’angoisse (6 mars 1963), La Logique du fantasme (22

février 1967), L’Envers de la psychanalyse (21 janvier 1970).

M. Blanchot, Sade, dans Sade et Restif de la Bretonne (Éditions complexes), ou dans

Lautréamont et Sade (Les Éditions de Minuit).

J. Allouch, Ça de Kant, cas de Sade, Érotologie analytique III (Cahiers de l’Unebévue ).

Les mercredis 6 novembre et 4 décembre 2019, et 5 février, 4 mars, 1er avril, 6 mai et 3 juin

2020, À l’IPT, Paris, salle 22, à 21 h.

Responsables : Jeanne Drevet, Matias Pons Sansaloni, Solal Rabinovitch, Dora Yankelevich-

Szerman

LIEU : IPT, 83, boulevard Arago, 75014 Paris