Lecture collective: La troisième

Il ne suffit pas d’apprendre à lire ; il convient aussi d’apprendre que lire fait le texte. C’est ce qu’expérimente la lecture collective. Le texte choisi est lu à haute voix, ligne à ligne ; chacun apporte au fil de la lecture ses questions, ses interprétations et ses réflexions. Ainsi s’ouvre à chaque lecture singulière le champ du texte.

Jeanne Drevet, Solal Rabinovitch, Mathias Pons Sansaloni, Dora Yankelevich-Szerman

Lecture collective: La troisième

En début d’année 2017, nous avons entrepris la lecture de la conférence de J. Lacan intitulée « La troisième ». Il la prononça à Rome le 1er novembre 1974, soit deux mois après avoir écrit sa Préface à l’Eveil du printemps, dont nous venions de terminer la lecture. Cette lecture de la Préface a duré une année entière et nous l’avions accompagnée de celles de la pièce de Wedekind, Tragédie d’enfants, ainsi que de la séance des Minutes de Vienne que Freud lui consacra. D’autres textes contemporains ont également participé à notre lecture collective ; il s’agissait de textes des années 1970, situés à la fois en aval des élaborations initiées par le rapport de Rome et en amont du grand chambardement borroméen, textes qui rassemblent des questionnements tant théoriques que cliniques, en particulier sur la question du mystère du langage et du réel du sexe.

Nous avons décidé ensuite de laisser provisoirement de côté le texte de Lacan de 1973, Préface à l’édition allemande d’un premier volume des Ecrits (Autres Ecrits, p. 553) dont nous avions envisagé initialement la lecture. Et nous avons préféré entamer le texte à la fois moins ardu et plus complexe de la conférence de « La troisième ». Certaines des questions qu’y pose Lacan ont pour enjeu l’actualité de la survie de la psychanalyse dans le monde ; par ailleurs ce texte constitue une véritable plate-forme théorique, où Lacan commence à penser la psychanalyse avec l’outil borroméen, non sans renouer avec le rapport de Rome, avec lequel s’est initiée cette lecture collective à l’Ecole.

Le texte de « La troisième » a un double statut, oral et écrit. Rédigé à l’avance, il fut prononcé par Lacan, mais pas en totalité ; il fut publié par la suite dans les Lettres de l’EFP n° 16. Nous y rencontrons la question du réel, actuellement travaillée dans l’Ecole, ainsi que celle du semblant qui nous renvoie au séminaire XVIII « D’un discours qui ne serait pas du semblant ».

La lecture de « La troisème » ne serait-elle pas aussi l’occasion de reprendre à notre compte les trois questions kantiennes, qu’y réévoque Lacan : « Que puis-je savoir ? Que m’est-il permis d’espérer ? Que dois-je faire ? »

Nous travaillons sur deux documents, d’une part sur la publication, dans les Lettres de l’EFP n° 16* (reprise à la rentrée page 185), du texte rédigé à l’avance par Lacan et d’autre part sur la transcription** (reprise à la page 54 de la transcription imprimée et page 57 de la version disponible sur le Net), établie collectivement à l’initiative de Patrick Valas, de la bande audio du texte prononcé par Lacan.

Responsables : Jeanne Drevet, Matias Pons Sansaloni, Solal Rabinovitch, Dora Yankelevich-Szerman.

À l’IPT, salle 11 (1er étage), à 21 h, les mercredis 4 octobre et 6 décembre 2017, 7 février, 7 mars, 4 avril, 2 mai et 6 juin 2018.

* Nous mettons à votre disposition des photocopies des lettres de l’EFP

** Transcription disponible sur le site de Patrick Valas