Écritures du Sinthome

L’abord de la Jouissance dans les années 1970 produit un remaniement fondamental dans l’élaboration de Lacan. La structure de la jouissance, n’admettant pas les principes de non-contradiction et de tiers exclu, implique une logique ternaire. Cette nécessité logique conduit Lacan à penser la structure selon une topologie borroméenne et à repenser la psychanalyse en fonction de l’écriture, des traces qu’un sujet écrit à partir de son savoir-y-faire-avec le Sinthome, « ce qui aboutit dans certains cas au comble du mieux de ce qu’on peut faire : une œuvre d’art » (J. Lacan, intervention aux Journées d’étude de l’EFP).

Graciela Prieto analyse dans cette perspective l’oeuvre et la vie de trois artistes. Elle saisit les conditions de possibilité et d’impossibilité de la construction d’un Sinthome dans la psychose (Van Gogh), les particularités d’une telle construction (Schwitters) et la question de la mise au travail du Nom-du-Père, en tant que Sinthome, dans la névrose (Wolman). Ce livre contribue ainsi à l’élaboration d’une clinique borroméenne, tout en présentant une lecture singulière des apports de Jacques Lacan, et du rôle de l’œuvre dans la vie de chacun des trois artistes.

Graciela Prieto est psychanalyste, psychologue clinicienne, docteur en psychanalyse
et psychopathologie (université de Paris VII), membre de l’ePfcl (école de psychanalyse
des forums du champ lacanien), chercheur associé au crPmS (centre de recherches
psychanalyse, médecine et société, université Paris Diderot).